Hier, Frédéric Lefebvre a replongé l’Assemblée Nationale dans le degré zéro des débats les plus débiles qu’on ait entendus pendant l’examen de la loi DADVSI :

L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde.

Et de conclure :

Il nous faut réguler Internet partout dans le monde, afin que toutes les entreprises respectent le droit de propriété, que les trafiquants et les voyous en tout genre soient poursuivis, que cet espace continue à se développer dans le respect de la personne humaine et des principes démocratiques. Notre pays doit montrer la voie.

Non, Frédéric Lefebvre n’est pas le crétinoïde absolu que cette allocution laisse supposer : c’est l’actionnaire majoritaire de Perroquet Institutionnel Communication, un nom bien choisi pour un cabinet de lobbying parlementaire. Pour info, le lobbying est illégal à l’Assemblée mais Frédéric Lefebvre a déclaré que ses parts étaient « nues » (sans dividendes), ce qui lui permet d’exercer son activité en toute impunité puisqu’officiellement il n’y a pas de conflit d’intérêt. Ce Monsieur-là fait partie des références nationales en la matière, ce qui lui vaut des articles peu glorieux ici et là.

Le lobbying à l’Assemblée est une réalité et ça ne va pas s’arranger ; là il s’agit de Lefebvre, mais le PS n’a pas de leçon à donner à l’UMP sur le sujet, il y a des cons (et des gens bien, heureusement) dans les deux camps. Contre ce genre de personnages il y a deux moyens d’agir :

  • sensibiliser le député de votre circonscription à la question des libertés numériques ;
  • adhérer à l’April pour lui donner les moyens de faire du contre-lobbying.

Alors faisez comme Tristan Nitot, adhérez à l’April.