Je n’ai pas vraiment le temps de m’investir dans le combat Hadopi, mais je suis horrifié de voir la tournure que prend le débat à l’Assemblée Nationale. En gros, tout internaute est présumé coupable de téléchargement illicite et devra s’équiper de logiciels payants, labellisés Hadopi, pour prouver sa bonne foi.

Dans ce grand concours d’imbécillité il y en a un qui se détache :

J’en viens au second objet de l’amendement : l’interopérabilité. Je n’y suis pas favorable. Il faut laisser au consommateur sa totale liberté de choix en fonction de son système d’exploitation. L’interopérabilité n’est pas nécessaire pour les consommateurs et elle est trop contraignante pour les éditeurs de logiciels.

Franck Riester, rapporteur du projet de loi n°1240 pour la commission des lois.

Pour son premier rapport, M. Riester frappe fort. Comment, M. le rapporteur, le consommateur peut-il espérer une liberté de choix si les solutions proposées ne sont pas interopérables ? Pourquoi les éditeurs logiciels développeraient-ils des versions Linux (voire MacOS) alors que plus de 90% de leurs revenus seront assurés par la seule version Windows ? Comment garantir une concurrence libre et non faussée sans imposer l’interopérabilité ?

Je pensais que la question de l’interopérabilité avait pourtant été entendue par nos législateurs à l’occasion de DADVSI. Rien n’est acquis, restons vigilants.

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